[Dossier se reconvertir en temps de crise] Ces métiers en tension

Publié le 18/01/2021

Début octobre, le gouvernement a lancé une concertation sur les métiers non pourvus. Parmi les branches identifiées par la CFDT : la charcuterie avec les métiers de la fabrication (Fédération générale de l'Agroalimentaire), la métallurgie avec le métier de soudeur-chaudronnier et de technicien de maintenance (Fédération générale des Mines et de la Métallurgie), l'ameublement (Fédération nationale Construction et Bois), la propreté, les services à la personne et la sécurité (Fédération des Services).

Le problème n’est pas nouveau. Mais, à la lumière de la crise que nous traversons, les « emplois non pourvus », régulièrement mis en avant par les études statistiques, pourraient bien devenir un enjeu stratégique afin de favoriser la reconversion des salariés. La plupart des secteurs en tension sont connus : propreté, sécurité, services à la personne…

D’autres métiers, moins évidents, sont pourtant considérés comme « porteurs », à en juger par ce qu’en disent les branches concernées : on retrouve, par exemple, les techniciens de maintenance ou les soudeurs-chaudronniers dans la métallurgie, mais aussi les métiers de la fabrication dans la branche charcuterie. Au début octobre, le gouvernement a lancé une concertation afin d’identifier les besoins de main-d’œuvre métier par métier, bassin d’emploi par bassin d’emploi.

« Il ne s’agit pas juste de prendre en compte le manque de main-d’œuvre ou l’inadéquation géographique, indicateurs qui servent généralement à calculer le niveau de tension d’un métier, mais bien de comprendre les raisons structurelles pour lesquelles ces métiers sont en tension et trouver les moyens de les résorber », explique la CFDT, qui vient d’envoyer au ministère la liste des métiers à cibler en priorité.

Ces raisons structurelles, ce sont les rémunérations et les conditions de travail, évidemment (à commencer par la pénibilité), mais pas seulement. L’absence de perspectives d’évolution, voire de transition d’un secteur à l’autre, tout comme le manque d’anticipation des entreprises dans les mutations sont autant de freins qu’il convient de lever pour encourager les salariés à s’y aventurer sans avoir peur de lâcher la proie pour l’ombre. La crise pourrait bien être l’occasion de reconvertir des personnes privées d’emploi, ou dont ce dernier est menacé, aux métiers qui recrutent tout en permettant aux entreprises d’opérer ou d’accélérer leurs transitions numérique et écologique. Encore faut-il pour cela dénouer les causes de ces tensions.

aballe@cfdt.fr

©RÉA

Le secteur de la santé à la peine

mceclip2 - 2020-12-18 14h11m08s

Le manque de personnels dans les hôpitaux et les maisons de retraite a donné lieu à une série d’annonces en vue de contenir la deuxième vague. À la mi-octobre, la direction générale de l’offre de soins du ministère des Solidarités et de la Santé avançait l’idée d’une « autorisation temporaire d’exercice d’aide-soignant pour des non-aides-soignants » moyennant une formation de quinze jours, au lieu de dix mois. La proposition a été accueillie frileusement par les professionnels de la branche. « Il faut un an pour former un aide-soignant et beaucoup plus encore pour devenir un bon professionnel au contact des patients », précise Gilles Verne, du Syndicat CFDT Santé-Sociaux de l’Ain, membre du conseil de surveillance de l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes et président de la délégation ré­gionale du Conseil national d’évaluations de la formation professionnelle de la branche associative, sanitaire, sociale et médico-sociale.

En novembre, tandis que l’Auvergne-Rhône-Alpes était l’une des régions les plus touchées par le rebond de la pandémie, le conseil régional a engagé un partenariat avec Pôle emploi afin d’identifier les infirmiers et aides-soignants immédiatement mobilisables. « Mais beaucoup de soignants inscrits à Pôle emploi le sont pour inaptitude et ne peuvent plus travailler dans ce secteur. Et, actuellement, 40 % des infirmiers diplômés [donc après trois ans de formation] démissionnent pour faire autre chose… À terme, le meilleur moyen de combler les besoins en effectifs révélés par la crise est de rendre ces métiers attractifs, par une revalorisation des salaires mais surtout en améliorant les conditions de travail et en augmentant le nombre de postes, pour préserver la santé des soignants. »

cnillus@cfdt.fr

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