Négociation télétravail : Un pied dans la porte avant la dernière séance

Publié le 18/11/2020

L’avant-dernière séance de négociation sur le télétravail s’est achevée le 17 novembre, vers 20h.
Près de cinq heures de discussion pour une réunion que la CFDT a qualifiée de « premier véritable échange » avec le patronat qui était jusqu’ici rétif à faire bouger les lignes qui encadrent le télétravail.

Catherine Pinchaut, cheffe de la délégation CFDT, a rappelé que le patronat souhaite un accord « ni prescriptif ni normatif » mais il a entrouvert la porte sur un certain nombre de sujets. Cette session a permis de remettre dans le projet d’accord deux thèmes : la notion de volontariat (de la part du salarié) lors du passage en télétravail (hors période de crise) et la réversibilité (possibilité de revenir en arrière pour un salarié quand le télétravail ne lui donne pas satisfaction). De même, la période d’adaptation (hors période de crise là encore) et la nécessité de former des managers qui vont devoir gérer leurs équipes à distance font partie des points positifs du texte.

Points de friction

Des « points durs » demeurent puisque la question de l’éligibilité des postes continue de heurter le patronat qui veut garder la main sur la définition des activités et des missions télétravaillables, tandis que la CFDT affirme que cela ne peut se décider sans l’avis du salarié et des représentants du personnel.
« C’est une question d’organisation du travail dans l’entreprise qui doit, à ce titre, faire partie du dialogue social et il nous semble que c’est la moindre des choses de le mettre dans l’accord. J’espère que nous allons trouver une voie de passage sur ce sujet », souligne Catherine Pinchaut.

Autre problème : comme dans la négociation sur la réforme de la santé au travail, qui se déroule en ce moment, les organisations syndicales ont relevé dans le texte patronal la tentation des employeurs de se voir déchargés de leurs responsabilités en matière de prévention et sécurité au travail. Et en cas de circonstances exceptionnelles, ils aimeraient que les règles soient assouplies, en désaccord total avec ce que souhaitent les syndicats.

Le 23 novembre sera, en principe, la séance conclusive. « Il y a des flous mais on a mis un pied dans la porte dans une période où il y a une vraie attente, conclut Catherine Pinchaut. La CFDT a réaffirmé sa volonté d’aller jusqu’au bout en vue de parvenir à un texte qui ait du corps et soit lisible tant par les employeurs que les salariés. »

cnillus@cfdt.fr 

photo © JClMoschetti Réa